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Vidéo : Eames Demetrios, 2e partie

oct 10, 2013

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Comme promis, nous poursuivons la présentation de notre minisérie vidéo avec Eames Demetrios.

 

Nous avons interviewé Eames lors de son séjour à Winnipeg il y a quelques semaines. La semaine dernière, il nous a parlé de l’idéologie du design intemporel chez les Eames. Aujourd’hui, il partage ses propres souvenirs de son vécu dans le monde de Charles et Ray.

 

Visionnez le second épisode ci-dessous.

La vie avec les Eames : selon le petit-fils de Charles et Ray.

 

Vidéo par EQ3.com (en anglais seulement)

Entrevue : Janine Vangool d’Uppercase

oct 7, 2013

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Uppercase est une revue trimestrielle de Calgary, qui est lue à travers le monde par des gens à l’esprit créatif. Fondée en 2009 par Janine Vangool, le contenu de la revue est aussi beau qu’éclectique et traite de toute chose créative en célébrant particulièrement les objets vintage éphémères. Y travaillant en tant que rédactrice en chef, rédactrice et conceptrice, Janine gère la plupart des aspects de la revue Uppercase elle-même.

 

Intrigués par le travail de Janine et son influence mondiale sur la communauté artistique et du design, nous étions ravis qu’elle accepte de nous accorder une entrevue pour notre blogue.

 

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Provenance de l’image : portrait de Janine Vangool par Heather Saitz

 

 

EQ3  Vous semblez être engagé dans plusieurs activités créatives! À partir de quel moment avez-vous su que vous vouliez travailler dans un domaine créatif? Et, pourquoi avez-vous choisi d’étudier le graphisme à l’université?

 

JANINE VANGOOL  Presque aussitôt que j’ai su écrire, je m’intéressais à combiner les mots et les images. Quand j’étais jeune, je fabriquais de petits livres et des revues à partir de papier brouillon et je forçais ma famille à les emprunter à ma « bibliothèque ». À l’école secondaire, j’étais l’éditrice de l’annuaire et c’est là que j’ai réalisé que l’assemblage de livres et de publications pourrait être une véritable carrière pour moi.

 

 

EQ3  À quoi ressemblait le début de votre carrière — avant Uppercase?

 

JV  Le premier emploi que j’ai occupé après avoir terminé mes études, fut dans une firme de design spécialisée en affichage et en signalétique. J’ai passé des mois à préparer des affiches en vue de la production (je spécifiais la position et le design des affiches de toilettes du centre sportif local). Inutile de dire que ce n’était pas très inspirant. Ce premier emploi m’a grandement motivé à devenir mon propre patron. Au cours des prochaines années, j’ai développé mon propre style et ma propre clientèle, me spécialisant dans le graphisme imprimé pour le monde artistique et culturel. Je touchais à tout : les petites annonces, d’importantes publications, le matériel de marketing et même la conception de livres et de publications artistiques.

 

 

EQ3  Parlez-nous de vos débuts dans le secteur de l’édition. Quelle était l’inspiration derrière la création d’Uppercase? D’où vient le concept de la revue : « pour les gens créatifs et curieux »?

 

JV  Suite à la fermeture d’une revue indépendante pour laquelle j’étais pigiste, j’étais libre d’explorer la partie « revue » de mon cerveau. Je rêvais de concevoir ma propre revue et j’étais fatiguée de travailler sur les idées de mes clients et non sur les miennes. Cela a également coïncidé avec la fermeture de certaines revues grand public (« Domino » et « Blueprint » de Martha Stewart) et j’ai constaté qu’il y avait de la place pour une publication bien conçue et visuellement inspirante. Le contenu provient de mes champs d’intérêt comme graphiste, sans que la revue soit particulièrement axée sur le graphisme. Nous disons que nous sommes « créatifs et curieux » avec un contenu éclectique qui comprend le design, la typographie, l’illustration, l’artisanat, et à peu près n’importe quel sujet qui concerne les domaines créatifs.

 

 

EQ3  Avec la quantité importante de blogues et de revues en ligne, on nous livre instantanément et continuellement du contenu! Comment réussissez-vous à rassembler tout le contenu unique pour lequel est reconnu Uppercase en travaillant avec les délais de production des médias imprimés?

 

JV  Il est parfois difficile de rivaliser avec l’immédiateté d’Internet. Certes, pour une grande partie du contenu qui se retrouve dans la revue, l’inspiration vient du blogue ou du portfolio en ligne de plusieurs artistes. Le cachet spécial d’Uppercase est le fruit de l’organisation des articles combiné à ces moments où le hasard relie de points communs tous ces thèmes qui semblent si différents l’un de l’autre. Je bénéficie aussi d’un grand nombre de contributeurs qui ajoutent leurs champs d’intérêt et leur expertise au mélange.

 

 

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EQ3  Uppercase en est à sa 4e année maintenant. Quels sont les sujets qui lient toutes les parutions que vous avez produites? Et, comment la revue a-t-elle évolué au fil des ans?

 

JV  Notre slogan est « pour les gens créatifs et curieux ». C’est un énoncé général, mais notre contenu est inspiré par le design, l’illustration et l’artisanat. Nous aimons trouver des tangentes créatives pour nos thèmes et engager nos lecteurs à participer aux appels de contenu et d’images; aussi, nous collaborons souvent directement avec nos lecteurs sur certains articles.

 

Les sujets sont très éclectiques, mais la revue repose sur l’appréciation du processus créatif, des articles faits à la main et des objets personnels. Chaque numéro comporte un certain nombre de thèmes que nous utilisons comme point de départ pour l’exploration rédactionnelle.

 

 

EQ3  Si vous aviez à choisir une édition favorite parmi vos archives laquelle choisiriez-vous et pourquoi?

 

JV  C’est une question difficile. C’est comme essayer de choisir son enfant préféré! Je suis fière du numéro 13, dans lequel nous explorons comment la météo peut inspirer la créativité. La couverture comprend des gouttes de pluie faites de feuilles métalliques lustrées qui tombent des nuages; sous certains types d’éclairage, on dirait de vraies gouttelettes de pluie.

 

 

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EQ3  Uppercase a récemment emménagé dans un nouvel espace de travail. Parlez-nous de l’aménagement intérieur du nouveau studio. Quels mots utiliseriez-vous pour le décrire? Où avez-vous cherché l’inspiration pour le réaliser?

 

JV  Notre nouveau bureau est situé au deuxième étage d’un édifice centenaire appelé Le Devenish. Quand je l’ai vu pour la première fois, il était dans un état lamentable — le plafond était littéralement en train de tomber. Cependant, je n’en ai pas tenu compte, car la structure était magnifique : de belles grandes fenêtres, des murs de briques, des plafonds hauts… Mon propriétaire m’a gentiment laissé choisir le revêtement de sol et la couleur des murs et la transformation est remarquable. Maintenant, c’est lumineux et très spacieux! Avec ses 1000 pieds carrés, la superficie du bureau est en fait plus grande que celle de ma maison. C’est tellement agréable d’avoir beaucoup d’espace. Erin Bacon, Jocelyn Kabatoff et moi-même avons nos propres espaces de travail et il en reste suffisamment pour l’expansion.

 

Le nouveau bureau est intentionnellement beaucoup plus classique et sophistiqué que mon espace précédent. J’ai grandi et mûri comme l’a fait l’entreprise, et l’intérieur le reflète.

 

 

EQ3  Deux des principaux thèmes abordés dans le dernier numéro d’Uppercase (le nº 19) est l’esthétique au travail, y compris les bureaux anciens. De quelles manières l’emménagement dans votre nouveau studio a-t-il influencé le thème et le contenu de cette parution?

 

JV  Le thème de l’esthétique au travail a sûrement émergé lorsque j’emballais les effets de mon bureau antérieur qui était ouvert depuis huit ans. Cela m’a porté à évaluer d’autres méthodes de travail et d’autres façons d’organiser l’espace de travail. Cette parution contient des articles qui traitent du travail en réseau, de l’histoire du cubicule et présente un hommage aux fournitures de bureau vintage.

 

 

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Page couverture du 19e numéro de la revue Uppercase : graphisme de Lydia Shirreff

 

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EQ3  Parmi les publications imprimées et numériques, que privilégiez-vous comme lecture en ce moment (outre Uppercase, bien sûr!)

 

JV  J’aime lire les revues indépendantes de partout dans le monde. En ce moment, je lis « Extra Curricular », une revue de la Nouvelle-Zélande. Elle explore ce que font les gens créatifs dans leur temps libre.

 

 

EQ3  Vous avez déjà accompli tellement de choses dans votre carrière. À date, quel a été votre point culminant?

 

JV  C’est difficile à répondre. Je ne mesure pas ma carrière en moments, car les moments sont fugaces. Je trouve une grande satisfaction à regarder le résultat concret de mes activités créatives et entrepreneuriales. Les piles de revues, l’étagère pleine de mes livres… voilà ce qui est durable et satisfaisant.

 

 

EQ3  Quelle est la prochaine étape… pour vous et pour Uppercase?

 

JV  J’ai hâte d’être bien installée dans le nouvel espace. Nous sommes ici depuis à peu près un mois, et depuis quelques semaines, je suis immergée dans la production imprimée du numéro d’automne. Je pourrai donc maintenant finir d’aménager quelques coins de plus et nous pourrons enfin célébrer l’inauguration. Mon équipe, composée d’Erin Bacon, de Jocelyn Kabatoff et de moi-même, a hâte de développer et de faire croître Uppercase à partir de son nouveau chez soi.

 

 

EQ3  Enfin, comme rédactrice en chef, rédactrice et conceptrice de la revue, vous devez porter beaucoup de chapeaux différents! Quels sont vos 3 incontournables pour vivre et travailler — quelles sont les choses sans lesquelles vous ne pourriez pas travailler ou vivre?

 

JV  Oui, le jonglage d’idées, de projets et de tâches fait partie de mon quotidien. Autre que mon ordinateur portable et mon iPhone, je ne pourrais pas travailler sans Evernote. Evernote est un service qui permet de conserver et de trier des notes, des images et des fichiers et de les synchroniser sur tous nos appareils. C’est là où je stocke toutes mes idées et les suggestions de contenu pour la revue et où j’organise mes objectifs et mes tâches. Je l’utilise depuis la conception de la deuxième parution, et maintenant, il est tellement intégré dans ma démarche de travail, que je ne peux pas m’imaginer devoir m’en passer!

 

Merci Janine! Nous sommes ravis de pouvoir mettre la main sur le dernier numéro.
Visitez uppercasemagazine.com pour en connaître plus sur cette revue ou pour vous en procurer un exemplaire.

Vidéo : Eames Demetrios 1re partie

oct 3, 2013

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Nous avons eu l’honneur d’interviewer Eames Demetrios le mois dernier au magasin EQ3 de Winnipeg, juste avant qu’il prononce son discours « La conception des designs d’Eames : 36 ans plus tard » lors du festival du design de Winnipeg. Nous étions ravis de nous asseoir avec lui. En tant que petit-fils des designers Charles et Ray Eames et directeur d’Eames Office, il nous a dévoilé son avis sur le travail de Charles et Ray, sa perception de sa relation avec ses grands-parents, et la nouvelle version de son livre, An Eames Primer.

 

Charles, photographe commercial chez EQ3, y était avec sa caméra, pour documenter toute la conversation. Nous avons divisé les séquences vidéo pour en faire une minisérie en 3 parties avec chaque vidéo présentant la réponse d’Eames à une différente question.

 

Visionnez le premier épisode ci-dessous.

La conception du design Eames : Comment les idéologies des Eames sont-elles toujours d’actualité?

 

Vidéo par EQ3.com (en anglais seulement)

Entrevue : Valentin de 2213 inc.

sept 4, 2013

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Make Coffee and Stuff est le nom d’un café à Winnipeg qui, en plus de satisfaire les rages de caféine des gens locaux, est l’hôte d’expositions d’architecture et de design des plus huppés que la ville puisse offrir. C’est là que nous avons découvert 2213 inc., une entreprise de design canadien qui fait beaucoup jaser depuis son lancement en décembre de l’année dernière (2012).

 

Valentin-Mittelstet-head-shot-by-Sandra-BirknerProvenance de l’image (image ci-dessus uniquement) : portrait de Valentin Mittelstet par Sandra Birkner

 

Valentin Mittelstet, le fondateur, président et designer de 2213 inc., a grandi en Allemagne où il a étudié en dessin de bâtiment avant de déménager au Canada pour y vivre et y travailler. Après un court séjour dans le domaine de la photographie et du temps à voyager, Valentin s’enracine dans le sud-ouest du Manitoba pour lancer son nouveau projet artistique. Les articles produits par 2213 inc. sont visiblement le résultat d’un mélange d’influences allemandes et canadiennes alliant le design moderne et minimaliste avec des matériaux de bonne qualité et de l’artisanat. La société se fait rapidement connaître pour ses boîtes aux lettres en acier et numéros de porte de maison, répondant à la demande d’articles attrayants et bien faits pour la devanture de la maison – une chose étonnamment difficile à trouver.

 

Nous nous sommes récemment assis avec Valentin dans le bureau de 2213 à discuter de ses produits, les étapes de la conception et les sources d’inspiration.

 

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EQ3  Quel est votre premier souvenir en matière de design?

 

VALENTIN MITTELSTET  J’ai toujours été très créatif. Dès mon jeune âge, je m’adonnais sérieusement au dessin et à la peinture. Je touchais à presque tout – du graffiti à la photographie, en passant par la peinture à l’huile. À l’âge de 16 ans – en Allemagne, c’est un peu différent —, j’en avais assez de l’école et j’ai commencé à étudier le design – le dessin de bâtiment. Je travaillais essentiellement à temps partiel pour une entreprise qui construisait des structures d’acier… d’importants bâtiments industriels, des ponts et des trucs du genre. Donc, je pense que c’est là où j’ai fait connaissance avec le design pour la première fois.

 

 

EQ3  D’abord, qu’est-ce qui vous a amené vers le dessin de bâtiment?

 

VM  C’est très simple. Je n’avais que 16 ans quand j’ai eu fini avec l’école, donc c’était assez tôt. Je souhaitais poursuivre des études dans les arts, mais l’école d’art était plus loin et j’aurais été obligé de déménager. Mes parents n’étaient pas d’accord alors j’ai dû rester et faire un choix parmi ce qui était offert. À l’époque, je me disais que c’était la chose qui se rapprochait le plus du côté créatif et je m’y suis plongé. Plus tard, j’ai compris que ce n’est pas du tout de la créativité, mais plutôt du travail.

 

 

EQ3  Alors, comment vous êtes-vous préparé pour le travail créatif que vous faites maintenant?

 

VM  Comme je l’ai mentionné plus tôt, j’ai été créatif toute ma vie, de sorte que la créativité était une chose toujours présente dans ma tête. Comment, alors, me suis-je préparé pour le design? Évidemment, j’avais appris les fondements du design. Que ce soit une chaise ou une boîte aux lettres, les principes ou les fondements sont les mêmes que pour la construction de quelque chose de grand. On n’a simplement qu’à réduire le dessin et c’est tout. La construction demeure de la construction. Donc, c’est le design qui m’a préparé à tout. J’ai étudié les matériaux. J’ai appris de différentes manières de produire des objets. J’ai appris tout ce qui a à connaître sur le design, sauf sur une plus grande échelle, c’est tout.

 

 

EQ3  Et comment vous êtes-vous rendu de là (l’Allemagne) jusqu’à posséder votre entreprise ici (au Canada)… car c’est un grand saut!

 

VM  C’est un grand saut, oui. J’étais en Allemagne à étudier. Puis j’y ai travaillé pendant un an pour la même entreprise, et, ensuite je me suis tanné. Comme je disais, l’idée d’une vie d’artiste occupait toujours mon esprit. J’ai voulu tenter l’expérience pendant au moins une courte période de ma vie. J’ai donc déménagé à Winnipeg parce qu’à l’époque, mes parents vivaient déjà au Manitoba. C’était donc le moyen le plus facile pour moi de sortir de l’Allemagne et de m’installer à l’étranger; bref, de me déplacer dans un autre pays, et de faire autre chose. J’ai donc déménagé à Winnipeg et j’ai fait de la photographie. J’ai fait de la photographie (de mode) à Winnipeg pendant trois ans. Je suis devenu très connu à Winnipeg, puis j’ai réalisé que je ne faisais pas d’argent. Alors j’ai commencé à voyager jusqu’à ce que je n’en puisse plus de voyager tout le temps. Ce n’est pas pour moi. C’est amusant pendant un moment, puis cela devient agaçant. Il était temps de revenir, mais je ne voulais pas travailler pour une grande entreprise et d’en être qu’une petite partie. Je voulais créer ma propre entreprise. Et voilà maintenant que je suis ici avec mes boîtes aux lettres et mes numéros de portes de maison. Il y en a plus encore à venir… et je suis heureux. À date, tout va bien.

 

 

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EQ3  Qu’est-ce qui influence vos conceptions?

 

VM  Je suis minimaliste à l’extrême. Est-ce triste? Tout ce qui est autour de moi m’influence. Je sais que c’est une réponse générique, mais c’est vrai. Je m’inspire beaucoup de l’architecture japonaise et l’architecture japonaise est vraiment très minimaliste et avant-garde. Et je pense que c’est bon de minimiser les détails pour tout simplement s’en tenir à l’essentiel : rendre son design fonctionnel – très fonctionnel – et réaliser un produit de bonne qualité, mais visuellement très épuré. Et je pense que vous pouvez le reconnaître à travers mes articles. Ils sont très minimalistes – et tout le reste à venir sera dorénavant très minimaliste.

 

Je ne sais pas si je veux qualifier mes articles de moderne… ils sont très minimalistes et ne s’en tiennent qu’à l’essentiel.

 

 

EQ3  Trouvez-vous que vous devez commencer avec quelque chose de plus élaboré, puis le dépouiller pour revenir à la base essentielle?

 

VM  Je suis d’avis qu’il y a évidemment tout un processus. Prenons la simple boîte aux lettres – tout le monde sait ce qu’est une boîte aux lettres. Nous avons déjà tous vu une boîte aux lettres et nous savons tous comment fonctionne habituellement une boîte aux lettres. Vous l’avez toujours en tête, en quelque sorte. Et puis vous devez l’effacer et créer quelque chose de totalement nouveau – comme notre boîte aux lettres. Elle est très minimaliste, et en fait, très simple, mais en même temps elle est extrêmement fonctionnelle et robuste et elle fonctionne sans souci.

 

C’était très important pour moi de la rendre à un tel point.

 

 

EQ3  Il y a une certaine solidité dans vos pièces, je dirais. Est-ce intentionnel?

 

VM  Oui, c’est ça. Je sais que beaucoup de gens disent que ma boîte aux lettres est lourde, et elle est lourde parce que nous utilisons l’acier, mais encore, je pourrais utiliser de l’aluminium dans sa production. Cela ne ferait pas une grande différence, à vrai dire, mais je veux qu’elle ait une certaine lourdeur.

 

 

EQ3  À propos du processus, vous avez mentionné qu’il faut connaître quelque chose et puis l’effacer pour créer quelque chose de totalement nouveau. Pourriez-vous nous donner un peu de perspective par rapport à votre processus créatif? D’où viennent les idées? Comment les explorez-vous? Comment les mettez-vous en œuvre?

 

VM  Je fais beaucoup de recherches. Je lis des livres.

 

Je cherchais un article que nous pouvions réaliser, qui est de petite taille, peu coûteux à fabriquer, facile à produire et qui pourrait réellement avoir un impact. Quand je vivais à Winnipeg, je me promenais dans un certain quartier et je me demandais : « Que lui manque-t-il? » Je regardais les numéros sur les maisons et tout ce que je voyais était de mauvais goût. Il n’y a pas grand-chose d’offert qui soit moderne.

 

Nous avons donc pensé que nous pourrions créer quelque chose qui est minimaliste, différent et que les gens aimeraient avoir sur leurs maisons. C’est comme ça que j’ai commencé à concevoir des numéros de maison. L’élaboration de cette police de caractère (Valentin pointe vers l’article déposé sur le bureau à côté de nous) a pris beaucoup de temps. J’ai conçu 10 polices de caractères différentes et puis j’ai choisi celle-ci parce qu’elle était si différente.

 

Voici le processus créatif sur lequel repose cette police de caractère : j’ai d’abord conçu le numéro 8 parce que c’est le nombre qui requiert le plus de matériau. Alors, à partir du numéro 8 je me suis mis à découper. « Comment créer le plus simple des numéros 8? »C’est à partir de là que j’ai commencé et j’ai juste continué à découper, de sorte que le tout ressemble à ce numéro 8 et devienne une police de caractères. J’ai effectué quelques petites modifications par-ci, par-là, mais c’est essentiellement tout. Voilà comment je suis arrivé à concevoir ces chiffres.

 

 

EQ3  Est-ce que la boîte aux lettres en découle, alors?

 

VM  Selon moi, la boîte aux lettres était, logiquement, la prochaine étape, car, encore une fois, le choix de boîtes aux lettres est restreint. Surtout ici… si vous arriviez à trouver une plus belle boîte aux lettres, vous la payeriez 500, 600, ou 700 dollars. Et nous ne voulions pas cela. Nous voulions un beau produit à prix moyen. C’était une étape naturelle. Le concept de 2213 était en fait de commencer par la première chose que l’on aperçoit; c’est-à-dire le numéro de la maison. Lorsque l’on rend visite à quelqu’un, on cherche le numéro de la maison. C’était donc la première chose. La prochaine chose était la boîte aux lettres.

 

 

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EQ3  Quels sont les noms de vos modèles, vos mentors ou des gens dont le travail vous inspire?

 

VM  Les gens qui m’inspirent – il y a toujours des gens – comme Steve Jobs, évidemment. Il m’inspirait de plus d’une façon. Comme Apple – le produit lui-même m’inspire. Il est très minimaliste. Tout simplement, il fonctionne. Il fonctionne, c’est tout. C’est ce à quoi je m’attends d’un produit.

 

Et, dans le passé, j’ai été inspiré par quelques architectes… j’aimais leur travail. Il y a un bon nombre d’accessoires japonais qui ont vraiment attiré mon attention. Mais je n’ai pas vraiment de modèle.

 

 

EQ3  Passons outre le travail. Que faites-vous habituellement, quand vous ne travaillez pas?

 

VM  Je travaille toujours. Je suis marié, alors j’essaie de passer autant de temps avec ma femme que possible, sinon je m’attire des ennuis. Mais c’est essentiellement tout. Disons que j’aime être dans la nature. Je trouve de la beauté dehors, donc je m’évade du monde matériel et je retourne à l’essentiel. J’aime les arbres, j’aime le soleil, j’aime l’eau. Autrement, je lis. Sinon, je travaille. Je crois que pour être une personne créative, il ne faut jamais arrêter. La tête tourne sans cesse. Même si l’on n’est pas au bureau – je ne dis tout de même pas que je suis au bureau 24/7 -, mais quand j’y suis, je pense continuellement à ce qui suivra.

 

 

EQ3  Eh bien, puisque vous êtes toujours en train de travailler, quelles sont vos 3 outils incontournables pour vivre et pour travailler.? Quelles sont les choses dont vous ne pourriez pas vous passer dans votre travail et votre vie?

 

VM Mon iPhone. Mon iPad. Mon MacBook. Je dessine sur mon iPad, j’utilise mon iPhone pour beaucoup de choses, et, évidemment, mon MacBook est l’endroit où tout se finalise.

 

 

Merci Valentin de nous avoir invités dans votre studio et votre entrepôt.

Entrevue : Lauren de Weekend Almanac

août 29, 2013

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Nous avons repéré une nouvelle publication sur le blogue Design*Sponge il y a quelques semaines, intitulée Weekend Almanac. Il s’agit d’un livre de 64 pages, publié indépendamment, qui célèbre tout ce que les gens font de créatif et amusant après leur semaine de travail. Le slogan du Weekend Almanac, « La vie se passe le weekend », nous a tout de suite intrigués, et bien que ce n’ait pas été suffisant pour nous donner une raison de commander un exemplaire, l’aperçu en ligne du livre et sa photographie feutrée a scellé l’affaire (cliquez sur l’image ci-dessous pour visionner la présentation vidéo et voir de quoi on parle).

 

Curieux de connaître la raison pour laquelle on avait choisi une présentation de type almanach – un genre de publication habituellement associé à des sujets comme la météo ou l’agriculture – nous nous sommes tournés vers la conservatrice et rédactrice en chef du Weekend Almanac et lui avons posé quelques questions concernant son concept, sa production et plus encore!

 

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Une vidéo de She Shoots, He Scores pour Weekend Almanac (sur Vimeo)

 

 

EQ3  Qu’est-ce qui a inspiré le concept de votre nouvelle publication, Weekend Almanac, et pourquoi avez-vous choisi la formule almanach au lieu d’une formule plus traditionnelle, comme un magazine?

 

Lauren Ladoceour  Nous travaillions toutes deux dans le monde des magazines et des livres depuis… eh bien, depuis toujours. En fait, c’est comme ça que nous nous sommes rencontrés. Elle était la directrice artistique d’une revue, et j’étais rédactrice au même endroit. Après être toutes deux parties pour de nouveaux emplois en édition, nous avons continué à nous réunir pour des 5 à 7 et, un bon vendredi soir, nous nous sommes toutes deux avouées nous sentir totalement saturées du point de vue créatif. Nous désirions faire quelque chose qui nous engagerait en dehors de nos emplois, quelque chose qui nous permettrait à nouveau d’exercer nos muscles créatifs. Je (Lauren) voulais m’initier à la photographie et au stylisme, et Ali voulait redevenir une artiste. En sondant nos amis, nous nous sommes aperçus que nous n’étions pas les seules. Tous ceux à qui nous avons parlé – qu’ils soient médecins, commis d’épicerie, illustrateurs ou femmes au foyer – nous ont avoué leurs talents secrets, exploités que les fins de semaine. Alors, nous nous sommes dit : pourquoi ne pas créer un format ou une plateforme où nous et tout autre pourrions exploiter l’ensemble de ces talents en demandant à chacun de réaliser un projet de fin de semaine.

 

Nous avons opté pour le format almanach (en ajoutant des éléments propres aux revues) parce que les almanachs racontent des histoires temporelles qui concernent généralement l’année à venir. Nous voulions raconter l’histoire d’une fin de semaine : du vendredi soir au dimanche. En outre, les magazines donnent parfois l’impression d’être jetable, comme si l’on doit feuilleter les pages une ou deux fois et puis les envoyer au recyclage. Dès le début, nous voulions créer quelque chose de spécial que l’on voudrait conserver pendant longtemps.

 

 

EQ3  Parlez-nous un peu de chacun de vos rôles durant la production du livre. À quoi ressemblait votre fin de semaine typique pendant que vous travailliez sur ce projet?

 

LL  Ali était la directrice artistique. Elle a conçu presque chaque page, a réalisé des aquarelles et dessiné presque toutes les polices de caractères manuscrites. Elle a également dirigé quelques-unes des sessions de photographies que nous avions commissionnées, comme Hangover Cures.

 

J’étais la rédactrice en chef, ce qui veut dire que je révisais tous les textes soumis et que je rédigeais plusieurs textes originaux, tels que The Early Bird. J’ai supervisé quelques sessions de photographie, j’ai moi-même pris quelques photos, je me suis occupée des affaires, de la distribution et des questions d’argent, et j’ai créé notre site Web, ce qui fût une courbe d’apprentissage totale pour moi. Mais c’était agréable!

 

Nous partageons les tâches reliées aux médias sociaux : Instagram, Facebook, et Twitter.

 

 

EQ3  Combien de temps a-t-il fallu pour tout compléter – à partir de l’idée initiale et de sa conception jusqu’au moment de tenir enfin un exemplaire final, imprimé et relié, dans vos mains?

 

LL  Il a fallu un peu plus d’un an! Honnêtement, nous pensions au début que ce projet prendrait 3 mois, mais plusieurs facteurs nous ont forcés à y aller plus lentement : Ali a eu un bébé, j’ai changé d’emploi, elle s’est fait mettre à pied, et j’ai eu à voyager beaucoup pour mon travail. Mais, maintenant, je suis vraiment heureuse d’avoir dû adopter l’approche du mouvement Slow Food. Cela nous a donné du temps et de l’espace pour prendre des décisions rédactionnelles et artistiques sérieusement réfléchies, ce que nous n’avons pas très souvent l’occasion de faire dans le monde de l’édition.

 

 

EQ3  Vous avez choisi de publier le livre de façon indépendante. La tâche semble très lourde! Avez-vous des conseils à offrir aux lecteurs qui seraient souhaiteraient faire la même chose?

 

LL  Bien sûr, en voici quelques-uns :

 

1. Établissez-vous un budget, mais préparez-vous cependant, à devoir le doubler à mi-chemin.

 

2. N’ayez pas peur de vous faire conseiller. Il y a quelques personnes (pour la plupart, d’anciens collègues) vers qui nous nous sommes tournées à maintes et maintes reprises, qui nous ont offert des cours accélérés sur divers sujets, comme : comment trouver un excellent imprimeur à un coût abordable, par exemple. L’apprentissage sur le tas fait partie du plaisir.

 

3. Si vous avez un cofondateur, comme j’avais en Ali, cherchez toujours des moyens pour vous entraider. Nous faisions des échanges : pendant que l’un de nous deux s’acharnait au travail, l’autre prenait le temps de se reposer. C’était tout simplement la nature de nos rôles. Parce que nous sommes une très petite équipe, il était d’autant plus important que la personne en pause réfléchisse à quoi faire pour alléger la tâche de l’autre personne afin que nous puissions respecter nos délais.

 

 

EQ3  Où vous êtes-vous tourné pour de l’inspiration quant au contenu du livre?

 

LL  Nous nous sommes tournées vers nos collègues et nos amis en leur demandant ce qu’ils avaient fait pendant la fin de semaine. En fait, l’almanach est, pour la plupart, un travail collectif et, honnêtement, nous nous sommes penchées sur ce que l’on faisait naturellement pendant les weekends. Ce n’était qu’une question de l’art imitant la vie.

 

 

EQ3  Qu’avez-vous tiré de cette expérience? Avez-vous eu un moment préféré?

 

LL  Après avoir reçu notre première commande qui ne provenait ni de nos familles ni de nos amis, nous avons célébré avec un verre de vodka. C’est incroyablement valorisant lorsqu’un parfait inconnu être prêt à débourser 15 $ pour quelque chose qu’on a créé dans sa salle à manger.

 

 

EQ3  Quelle est la prochaine étape pour Weekend Almanac?

 

LL  Eh bien, nous sommes très près d’atteindre notre objectif de vente, ce qui nous permettrait de réaliser un second exemplaire. Il pourrait paraître sur une base annuelle, mais nous ne sommes pas encore certaines. D’ici là, nous le distribuons dans des magasins à travers le pays.

 

 

EQ3  Enfin, quels sont vos 3 outils indispensables pour la vie et le travail – quelles sont les choses sans lesquelles vous ne pourriez ni travailler ni vivre?

 

LL  Quant à moi (c’est à dire Lauren), je ne peux pas travailler sans soleil. Que dire de plus? Je suis une fille tout à fait californienne et j’ai besoin de lumière naturelle et vaporeuse pour me garder motivée lorsque je travaille à mon bureau, qui offre une vue sur mon jardin. Aussi, je me fie beaucoup à mes carnets de notes pour préserver toutes mes listes de tâches et ma foule d’idées. Certaines personnes aiment que leurs carnets de notes soient tous de la même couleur et de la même marque, mais les miens sont assez aléatoires. Il n’y en a pas deux qui se ressemblent. Enfin, il y a les bains – me prélasser dans un bain très chaud après une longue journée. Rien de mieux pour préserver ma santé mentale.

 

 

Un gros merci à Lauren pour nous avoir parlé de Weekend Almanac. Nous attendons impatiemment que la poste nous le livre sous peu pour visionner son contenu de plus près directement ici sur notre blogue.

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