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Mud + Stone

Oct 8, 2015

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C’est une journée chaude et humide au ciel couvert d’un gris froid. Sur les marches de sa pittoresque demeure de deux étages dans le nord de Winnipeg, Lynne attend pour me saluer. Je monte l’escalier en bois et acier (fabriquée sur mesure selon un plan dessiné par Lynne) aux détails architecturaux méticuleux et je suis accueilli par l’ambiance chaleureuse dégagée par le chêne à l’étage principal. En tant que la moitié du duo Mud + Stone, Lynne apporte littéralement son travail à la maison. Servant également comme salle d’exposition, son douillet salon est aménagé avec un mobilier confortable, des accessoires minimalistes et des rangées d’étagères de style industriel blanches sur lesquels sont exposées plusieurs pièces de poterie élégantes et pragmatiques pour lesquelles Mud + Stone est reconnu. La production a lieu dans la salle à manger, où le tour et les outils de potier sont toujours prêts, tandis que le four électrique utilisé pour faire cuire toutes leurs œuvres se retrouve en bas. Jenn — l’autre moitié l’entreprise — arrive à la maison quelques minutes plus tard avec son bébé Bo qui est âgé de quelques mois et qui dort à poings fermés dans un porte-bébé. Lynne m’amène un café fort dans une grande tasse Mud + Stone pendant que j’explore la pièce. J’ai hâte de visiter ce couple d’artisanes depuis la première que j’ai eue à manipuler les quelques morceaux qu’elles ont gracieusement fournis à EQ3 pour la séance photo de notre catalogue Automne-hiver 2015/16. Les pièces en céramiques de Mud + Stone sont un mariage du style industriel moderne et de la fabrication artisanale. Les lignes nettes et épurées et les formes généreuses de la tasse à café que Lynne m’a apportées sont embellies sur le côté d’une empreinte ergonomique creusée avec les pouces et d’une poignée surdimensionnée. Elle est finie avec un saisissant glacis noir mat, l’un des nombreux glacis qu’ils ont eux-mêmes développés. Voilà un très bel exemple d’un mariage entre le design et l’artisanat.

 

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Malgré que le couple Mud + Stone ne travaille ensemble professionnellement que depuis environ un an et demi, leur partenariat s’est rapidement solidifié et fait connaître. Leurs pièces en céramique sont vendues non seulement depuis le studio à domicile et leur site Etsy, elles sont également stockées dans une variété de magasins indépendants huppés situés dans les environs de Winnipeg et aussi loin que l’Ontario. Leurs pièces sont utilisées pour le service dans les restaurants gastronomiques winnipegois Deer & Almond et Sydney et ont été présentées dans divers magazines culinaires, dans le Globe and Mail et sur le Food Network. Mud + Stone s’est bâti un créneau en fabriquant humblement des objets chics débordants de style. Les deux femmes font tout elles-mêmes en collaborant à tous les niveaux de la conception, le façonnage au tour et la finition jusqu’à la distribution. Il en résulte des pièces clairement pragmatiques, fusionnées d’art subtil et d’ergonomie et le tout, sans prétention. Lynne prend le petit Bo dans ses bras pour que Jenn puisse me démontrer ses compétences au tour sur lequel elle tourne habilement trois jolis bols à partir d’une motte pendant que je la regarde faire. C’est à la fois pratique et pastoral — la création d’objets artisanaux par des amies qui s’occupent en même temps de la famille dans un cadre résidentiel et intime. Lorsque Jenn termine son travail au tour, elle étale les bols pour les faire sécher et nous passons un peu plus de temps à boire du café et à discuter d’artisanat, de design et des petites entreprises.

 

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BB : Quel aspect de la poterie vous interpelle?

 

M + S : C’est magique de pouvoir prendre une motte d’argile et de la transformer en une forme complètement différente et un matériau entièrement nouveau (la pierre). En outre, le fait de pouvoir réaliser une conception du début à la fin tout en contrôlant chacune des étapes est extrêmement gratifiant.

 

BB : Apportez-vous des compétences et habiletés différentes à votre partenariat?

 

M + S : En tant qu’individus, nous avons des compétences qui se complètent — Jenn a une formation en orfèvrerie, un incroyable souci du détail, de la discipline financière et elle est perfectionniste quant au tournage. Elle est également une vendeuse formidable et son côté social est beaucoup plus développé, ce qui est essentiel pour nous sortir de nos studios et nous faire entrer dans les magasins. Lynne a une formation en design et en architecture et elle apporte cet ensemble de compétences au tour. Elle s’occupe du graphisme, de la valorisation de notre marque et du marchandisage. Il est bon d’avoir quelqu’un avec qui échanger, faire évoluer ses idées et raffiner ses concepts. La poterie peut être un support très isolant quand il n’y a que soi et le tour. Même si nous avons chacune nos propres studios, nous sommes en communication constante toute au long de la journée à nous envoyer des photos de ce que nous faisons et à partager nos idées.

 

BB : Vos mangeoires à oiseaux sont magnifiques. Pouvez-vous parler de la création de cette série?

 

M + S : Merci! Les mangeoires sont en fait parmi les premières choses que nous avons commencé à réaliser en tant que Mud + Stone. L’idée a surgi quelques années auparavant quand nous étions étudiantes et que nous voulions apprendre à faire des formes fermées. Nous avions vu mangeoires fabriquées à partir de matières plastiques et avons pensé qu’il serait amusant d’en faire en céramique. C’est une série en constante évolution, car chacun peut avoir une forme unique et les choix de styles sont illimités. D’ailleurs, nous travaillons à produire quelques nouveaux styles pour l’automne.

 

BB : Vous mentionnez sur votre site, l’importance de produire des objets durables et fonctionnels. Avez-vous déjà été tenté de réaliser des sculptures en céramique qui n’ont aucune fonction pratique? Pourquoi insister sur la fonctionnalité?

 

M + S : Nous sommes toutes les deux généralement très minimalistes. Nous n’avons pas beaucoup de choses dans nos maisons qui ne servent à rien. Donc, nous avons tendance à préférer la poterie fonctionnelle. Quand on crée un objet qui aura une espérance de vie plus longue que la sienne (et celle des prochaines générations), il devient d’autant plus important que cet objet soit utile et ne devienne pas un objet jetable. Nous ne pouvons pas garantir que nous ne réaliserons jamais d’objets qui n’ont aucun but précis, mais nous privilégions vraiment l’idée de créer des objets qui sont destinés à être utilisés et réutilisés au quotidien plutôt que le genre qui ne fait que ramasser de la poussière et que les gens ont peur de toucher.

 

BB : Vous êtes également transparentes du fait que vous ne pouvez pas rivaliser avec le prix des produits fabriqués à l’étranger et vous invitez les gens à venir en studio pour voir votre processus. Avez-vous l’impression de devoir souvent sensibiliser les gens sur la valeur inhérente et le temps investi et de devoir défendre vos prix?

 

M + S : Un morceau de poterie doit être retravaillé par l’artisan en moyenne 15 à 25 fois. Très souvent, les gens vont voir la poterie se faire façonner sur le tour (presque tous les gens font allusion au film « Mon fantôme d’amour » et trouvent drôle de constater que c’est la seule étape qu’ils connaissent en poterie) et croient qu’après le tournage, la pièce est terminée. Il est plutôt question de partager notre processus que de défendre nos prix. Nous espérons que nos produits se démarqueront par leur valeur qui justifiera leur prix. Depuis notre première transaction commerciale où nous avons troqué une tasse à café contre une miche de pain, c’est devenu de moins en moins un problème.

 

BB : Avez-vous des influences contemporaines ou historiques?

 

M + S : Il est difficile de cerner nos influences particulières. Grâce aux antécédents de Lynne en design, elle est attirée par les designers industriels et de meubles (Eileen Gray et Eames sont ses préférés). Dernièrement, notre travail semble être influencé par l’exploration de matériaux (métal, bois, cuir, etc.) en relation avec la céramique. Nous nous amusons à explorer les façons dont ils peuvent être utilisés pour créer de nouvelles pièces fonctionnelles en céramique. Nos coups de cœur contemporains actuels sont @raffeallaceramics et @sarahpikepottery. Notre style et notre façon de faire semblent se rapprocher d’un bon nombre de céramistes australiens que nous avons eu le plaisir de découvrir. Nous avons tendance à sortir du milieu de la céramique pour trouver de l’inspiration.

 

BB : À quoi ressemble la communauté de céramique à Winnipeg?

 

M + S : C’est clair qu’il y a une forte communauté de céramistes dans la ville. Nous voyons beaucoup de potiers qui s’encouragent et se soutiennent les uns les autres dans leur travail.

 

BB : Vos pièces sont utilisées dans les restaurants gastronomiques locaux. Jusqu’à quel point êtes-vous influencées par la nourriture et la boisson?

 

M + S : Collaborer avec quelques grands chefs a été un défi créatif de taille pour nous. Faire de la vaisselle de restaurant nous ajoute un défi de conception supplémentaire. C’est une chose que de réaliser une belle assiette, mais c’est tout à fait autre chose de réaliser une assiette qui est aussi belle quand elle est remplie de nourriture que lorsque cette nourriture a été mangée. Nous collaborons avec les chefs afin de connaître les plats sur lesquels ils travaillent et nous réalisons l’assiette ou le bol en fonction de ce plat. Nous connaissons la façon dont ils veulent l’utiliser et nous sommes toujours étonnées de savoir que ce que nous créons façonne la présentation du plat. C’est un cycle en quelque sorte — leur travail influence la création de nos pièces en céramique et notre travail influence la présentation de leurs plats. C’est vraiment formidable et cela met nos esprits créatifs continuellement et fraîchement au défi. Nous réfléchissons aussi sans cesse à l’utilisateur final : à la sensation de la pièce sur ses lèvres, au bruit qu’émettra l’assiette lorsque la nourriture se fera couper, à la façon dont une tasse repose dans les mains selon les différentes façons dont on peut la tenir. Nous avons eu de la rétroaction de la part de serveurs qui nous ont dit que les gens vont vider leur assiette, puis la ramasser et la regarder. Nous sommes ravis d’apprendre que nous avons réussi notre but de créer quelque chose de durable, fonctionnel et beau.

 

BB : Merci pour tout Mud + Stone, nous sommes très heureux de pouvoir inclure vos pièces dans notre catalogue Automne-hiver 2015/16!

Kenneth Lavallee

Juin 2, 2015

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C’est en admirant ses imprimés exposés au café Parlour de la rue Main que j’ai pris connaissance de l’artiste winnipegois Kenneth Lavallée pour la première fois il y a quelques années. Illustrant deux personnages moitié-humains moitié-hiboux qui semblaient danser ensemble ou se consoler l’un et l’autre, ses œuvres m’apparaissaient quelque peu folkloriques, mais élégant, tout en évoquant une intimité qui m’attirait. Depuis lors, je me suis familiarisé davantage avec l’ouvrage de Lavallée, admirant son doux talent de dessinateur et la riche palette de couleurs harmonieuses avec laquelle il inonde ses peintures, ses murales, ses gravures et son graphisme. Bien qu’il semble toujours détendu et à l’aise, il est très occupé à traiter des commandes depuis son exposition solo à la Galerie d’art de Kelowna en avril 2014. Dernièrement, il a capturé l’imagination des Winnipegois en proposant d’enrober complètement un bâtiment délabré du nord de la rue Main avec une murale d’étoiles graphiques. J’ai récemment visité Lavallée dans son studio du quartier de la Bourse de Winnipeg, et j’ai eu l’occasion de parler avec lui au sujet de son approche artistique et d’apercevoir sa nouvelle œuvre en cours.

 

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BB : Qu’est-ce qui fait de vous un bon peintre?

 

KL : Je ne sais pas si je suis un bon peintre, mais en tant qu’artiste, j’ai des idées qui sont les mieux transmises à travers la peinture. Comme cette idée récente pour la rue Main. Vous savez, j’ai toujours rêvé et visualisé ce qui pourrait être. Je veux que ma ville brille et paraisse bien. Je ne sais pas si je pourrais me fier à quelqu’un d’autre pour le faire, donc je dois juste trouver les moyens et m’essayer. Je pense que c’est ce que je fais depuis quelque temps en tant qu’artiste.

 

BB : Comment savez-vous si une peinture fait l’affaire alors? Comment la jugez-vous?

 

KL : J’ai ces toiles depuis un mois maintenant et elles sont toutes apprêtées. Comtempler une toile vierge est ma partie préférée du processus créatif. J’imagine toutes les différentes possibilités. Mais il arrive un moment où l’on doit tout simplement prendre son pinceau en main et se mettre à peindre. Une fois que j’ai appliqué les premiers coups de pinceau, je me sens bien et il se passe quelque chose. Il faut prendre des décisions, les suivre et se faire confiance. En fait, j’ai découvert que si j’arrête pour prendre une pause et y revenir peut-être une semaine plus tard, il est possible qu’une partie de la magie soit disparue. Parfois, il faut juste persévérer. J’ai déjà eu certaines œuvres qui ont trainé en longueur et qui sont presque devenues une corvée. La flamme était disparue. Toutefois, il arrive parfois que si je lâche prise pendant un mois ou deux, la flamme se rallume! Je regarde certaines de ces toiles que j’ai ici : je ne les ai pas encore terminées, mais je ne suis pas prêt à les continuer. Il y a encore quelque chose à faire.

 

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BB : Aimez-vous travailler sur plusieurs œuvres en même temps?

 

KL : Oui! Voilà le plus grand avantage d’avoir son propre studio. C’est tout ce que j’ai toujours voulu. Avant, je travaillais dans ma chambre, sur une oeuvre à la fois, du début à la fin. Je trouve qu’il est difficile d’évoluer en ne réalisant qu’une seule chose à la fois. C’est tellement agréable d’avoir de l’espace pour tout étaler et tout voir en même temps. Je veux réaliser une série d’œuvres au lieu de créer sur commande et de façon ponctuelle. C’est tellement plus excitant et amusant de réaliser des œuvres sans connaître le résultat final et de travailler sur un tas de choses à la fois.

 

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BB : Est-il important pour vous d’exposer vos oeuvres dans les galeries? Est-ce que cela fait partie de votre stratégie?

 

KL : L’évènement à Kelowna (son exposition solo « L’homme et la nature » à la Galerie d’art de Kelowna en 2014, organisée par Jenny Western) était un bonne chose et certainement ultra important. Je n’ai jamais eu beaucoup d’occasions d’exposer mes oeuvres dans les galeries. Ce fut une grande opportunité. Chacune des autres galeries où j’ai déjà exposé n’était que l’entrepôt vacant d’un ami — seulement quelques murs. Et ce n’était que des amis qui venaient et pas vraiment de la clientèle. Mais, j’aimerais faire une autre exposition cet été et je pense que ça sera ici – je vais faire le ménage, vous comprenez? J’ai ma propre galerie ici! Il est néanmoins agréable de recevoir des honoraires d’une vraie galerie! J’ai ma rétrospective à la WAG, mais je continue à travailler les rues Selkirk et Main.

 

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The Bush, 2014, acrylique sur toile, 48 x 72 po (121,9 x 182,8 cm). Exposée par Lavallée à la Galerie d’Art de Kelowna en 2014.

 

BB : Vous avez fait des murales et des peintures sur des bâtiments. Y a-t-il une relation entre la peinture et l’architecture qui vous intéresse?

 

KL : Le centre-ville de Winnipeg est drôle, vous savez. N’a-t-il pas été comparé à une bouche avec un tas de dents manquantes? Toutes ces choses que nous avons démolies nous ont laissés avec ces magnifiques toiles vierges géantes qui ne demandent qu’à être revêtues! Qui veut regarder un mur géant composé que de sales briques? Elles sont si bien ensoleillées et nous pourrions tellement les améliorer! J’essaie tout simplement de travailler aux alentours de Winnipeg et de combler les manques. Il y a des jours où je peux marcher pendant trois heures et me dire : « Je veux ce mur, et puis ce mur, et ce mur aussi… ». J’ai des projets, c’est certain. Mais, je ne veux pas peindre sur les bâtiments du patrimoine historique. Tout a commencé par le restaurant Deer & Almond et un mur en bloc de béton effrité. Je disais : « Permettez-moi de jeter un peu de peinture là-haut! » Même que ce fut difficile de convaincre le propriétaire, car il croyait que le mur était parfait dans son état actuel.

 

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Système solaire, 2013, murale extérieure commandée par le restaurant deer + almond  pour la Nuit blanche 2013.

 

BB : Les gens sont réticents?

 

KL : Tellement réticents! Dans le district de la Bourse du moins. On veut le préserver pour l’industrie cinématographique. Mais, on ne peut pas vivre dans le passé — une centaine d’années dans le passé — pour toujours. Il arrive un moment où l’on doit avancer. La vie, c’est fait pour les vivants! Il y a cent ans, on peignait sur les murs et maintenant, nous les regardons s’effriter. Pourquoi ne pouvons-nous pas simplement peindre sur les murs et continuer de le faire pendant les prochains cent ans?

 

BB : Les contours francs et la couleur semblent être votre signature, est-ce exact? Quels sont les autres éléments qui constituent vos œuvres?

 

KL : Les contours francs et la couleur, c’est pas mal précis. Je pense que dès que j’ai terminé l’école secondaire, mon objectif pour mes études postsecondaires était d’étudier le design graphique. J’ai toujours apprécié le bon design, le bon design épuré. Je pense que mon livre préféré est ce livre sur les marques de commerces américaines. Vous savez, on y retrouve un tas de logos ultras épurés qui sont si jolis en noir et blanc. Je me suis toujours vivement intéressé aux choses bien conçues. J’ai appris Photoshop à un jeune âge et je concevais mes propres sites Internet…

 

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BB : Donc, le plaisir de peindre pour vous est en grande partie la conception?

 

KL : Ah bien sûr, et de réaliser des murales puis concevoir un paysage urbain. J’ai été très critiqué à l’école des arts pour mes peintures. Soit qu’on ne disait pas grand-chose, soit qu’on me reprochait de ne réaliser que du graphisme. On considérait que mes œuvres n’étaient que des conceptions graphiques. Ils avaient peut-être raison, je ne sais pas.

 

BB : Quels sont les défis lorsqu’on travaille comme peintre à temps plein? C’est un travail assez romantique, mais quelle est la…

 

KL : La réalité? Euh, ne jamais avoir d’argent! Sacrifier toute forme de divertissement, sorties, repas à l’extérieur, même le paiement du loyer. Ce n’est pas tout le monde qui arriverait à le faire, je pense. Et je me demande ce que je fais là. On se doute beaucoup quand on ne sait pas d’où viendra notre prochain repas, mais quand on est à notre plus bas, soit qu’il arrive de bonnes choses, soit que l’on vend quelque chose. C’est donc un parcours houleux, mais je sais que je suis dans la bonne voie. Il faut se donner le temps. J’ai cette magnifique vue sur tous ces vieux bâtiments, ce joli toit où je peux esquisser au soleil ou encore, au pied de l’immeuble de la TD où tout le monde porte des habits et passe son temps en réunions. J’aime ça! C’est très romantique. Je suis un millionnaire si je calcule combien je suis heureux et satisfait de la façon dont je passe mes journées. Je suis maître de moi-même. Je me permets d’explorer mon cerveau et mon savoir-faire et les gens réagissent bien alors c’est agréable.

 

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BB : Est-ce que votre style évolue? Quel est le fil conducteur de votre nouvelle série d’œuvres?

 

KL : Je vois certainement le parcours. Depuis l’exposition à Kelowna, j’ai dû réfléchir aux raisons pour lesquelles je suis artiste, me demander quel est l’objet de mes œuvres et quelles œuvres je me dois de réaliser. Et je me suis rendu compte que cela a beaucoup à voir avec l’étape où je suis rendu, mon environnement. Je peins donc toujours des plantes dans ma chambre ou des fleurs chez Natalie et les choses que je visualise. Tout n’est encore qu’un journal de ma vie en ce moment, des images. C’est tout ce que j’en sais.

5 questions avec Evin Collis

Jan 30, 2015

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Evin Collis est natif de Winnipeg au Manitoba où il a été élevé. Après avoir obtenu un baccalauréat en beaux-arts avec une majeure en dessin et peinture à L’Université de l’école d’art et du design de l’Ontario en 2010, il retourne à Winnipeg où il se fait embaucher par Via Rail et travaille comme porteur à bord Le Canadien pendant un certain nombre d’années. Ses œuvres sont exposées à travers le Canada et l’Italie. Le dessin, la peinture à l’huile, la sculpture, les bandes dessinées et l’animation image par image sont les supports qu’il privilégie pour réaliser ses œuvres. Evin poursuit actuellement une maîtrise en beaux-arts à l’institut d’art de Chicago où il vit.

 

La pietà de la rivière rouge, 8 pi x 11 pi, 2013, peinture à l’huile sur toile. Photograph: Charles Venzon.

La pietà de la rivière rouge, 8 pi x 11 pi, 2013, peinture à l’huile sur toile. Photo: Charles Venzon.

 

NQ : Vos œuvres sont actuellement exposées à la Maison des artistes ici à Winnipeg. Croyez-vous qu’il y en a une en particulier qui résume vos intentions pour cette exposition?

 

CE : Je dirais que les deux plus grandes peintures — La pietà de la rivière rouge et Assiniboine Odyssey — qui sont des tableaux satiriques contemporains de l’histoire du Manitoba que j’ai complétés en 2012 et 2013 ont vraiment stimulé l’ensemble de mes œuvres destinées à La maison des Artistes.

 

Homestead Pile. 5' x 5', 2014, oil on canvas. Photographed by Charles Venzon.

Homestead Pile. 5 pi x 5 pi, 2014, peinture a l’huile sur toile. Photo: Charles Venzon.

 

NQ : Selon vous, quel support communique le mieux votre côté artistique?

 

CE : La majeure partie de mon temps est consacré à la peinture et au dessin. Les sculptures que j’ai créées pour l’exposition sont issues des peintures. Les animations que j’ai réalisées dans le passé sont aussi étroitement liées à la peinture et au dessin. Bien que j’adore expérimenter et jouer avec d’autres supports, je m’informe par la peinture et le dessin.

 

Hydra-Goose, 2015, plaster, wood, metal, epoxy, paint, leather, feathers. Photographed by Charles Venzon.

Hydra-Goose, 2015. Plâtre, bois, métal, époxy, peinture, cuir, plumes. Photo: Charles Venzon.

 

NQ : Comment déterminez-vous lequel sera votre prochain projet?

 

CE : J’y vais selon mon intérêt du moment; souvent, un projet me conduit au prochain. Je dessine à partir d’un large éventail d’influences et de matières brutes. Parfois, je désire essayer quelque chose de très différent. Il n’y a pas de formule exacte.

 

Assiniboine Odyssey. 2010, 8' x 10', peinture à l’huile et plumes sur toile. Photo: Charles Venzon.

Assiniboine Odyssey. 2010, 8′ x 10′, peinture à l’huile et plumes sur toile. Photo: Charles Venzon.

 

NQ : Comment décririez-vous votre demeure ou studio?

 

CE : En ce moment, je passe la plupart de mon temps dans un studio situé à l’intérieur de l’école, près de l’étage supérieur d’un immeuble très haut. Dans un espace commun tout près de mon espace-travail, il y a une vue dégagée imprenable sur le lac Michigan — je pense que l’on peut même voir l’Indiana de là-haut. Ce studio est presque mon chez-moi et j’ai constamment plusieurs projets en cours.

 

Commerce, Prudence, Industry Collage. 2015.Photograph: Charles Venzon.

Commerce, Prudence, Industry. 2015. Photo: Charles Venzon.

 

NQ : Qu’est-ce qui vous motive le plus à vous réveiller et faire ce que vous faites chaque jour?

 

CE : Continuer à créer, continuer à apprendre et m’efforcer de devenir un meilleur artiste-peintre.

Nos Mains – Marcy

Déc 22, 2014

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Marcy

 

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5 questions avec Marcy, couturière en chef :

 

Charles – Depuis combien de temps êtes-vous couturière?

Marcy – 24 ans.

C – Qu’est-ce que vos mains font à longueur de la journée?

M – Elles distribuent et organisent le travail.

C – Qu’est-ce qui rend vos mains uniques?

M – Elles sont ambidextres.

C – Souhaiteriez-vous changer quelque chose au sujet de vos mains? Si oui, quoi?

M – Ma main droite est un peu croche (elle rit). J’aimerais peut-être la faire redresser (elle sourit).

C – Que préférez-vous tenir dans vos mains?

M – C’est plus fort que moi. Quand je vais à l’épicerie et que je passe dans l’allée où se trouvent les guimauves, je ressens le besoin de les presser! La guimauve est la chose que je préfère tenir dans mes mains.

 

5 questions pour Edholm Ullenius

Déc 8, 2014

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Sissi Edholm et Lisa Ullenius sont les fondatrices d’Edholm Ullenius, un studio de conception graphique et d’illustration situé à Stockholm. Depuis 2002, Edholm Ullenius travaille pour un large éventail de clients et réalise de magnifiques articles, y compris notre vaisselle et nos serviettes de table Kayak. Ils ont très récemment accepté notre mandat de concevoir une gamme d’impressions inspirées du milieu du siècle. Il en est issu une collection cohérente et amusante de dessins au trait saisissants et jeux de couleurs vives. Les impressions ont été sculptées sur des blocs puis estampées à la main sur du papier recyclé.

 

La collection Avenue est conçue pour s’insérer parfaitement dans les nouveaux cadres Edge. C’est toujours un plaisir de travailler avec Edholm Ullenius. Chez EQ3, nous sommes très fébriles face au lancement officiel de ces œuvres d’art qui sauront agrémenter vos beaux espaces! Procurez-en une pour offrir en cadeau ou pour vous-même.

Lisa Ullenius + Sissi Edholm of Edholm Ullenius

 

Nina Quark : Quel a été le moment précis où vous avez su que vous vouliez poursuivre une carrière en graphisme?

 

Edholm Ullenius : Nous le ressentions déjà toutes les deux depuis que nous étions très jeunes. Vers la fin de l’école secondaire, notre intuition était incroyablement forte et nous avons toutes les deux réalisées que ce pourrait devenir notre gagne-pain, alors nous avons commencé à planifier la façon dont nous pourrions atteindre cet objectif. Le chemin qui nous a menés là où nous sommes aujourd’hui a été long et sinueux, mais nous n’aurions pas voulu manquer l’occasion de vivre ces expériences.

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NQ : À quelle phase d’un projet êtes-vous les plus heureuses?

 

EU : Au début et à la fin. Au milieu nous avons habituellement le sentiment de n’avoir aucune idée de ce que nous faisons. C’est comme un tour de montagnes russes que nous souhaitons se terminera avec le sentiment d’avoir surpassé notre niveau de créativité. Nous aimons le dicton : « Donnez toujours aux clients ce dont ils ont besoin et non ce qu’ils croient vouloir ».

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NQ : Selon vous, quelle méthode ou quel support dépeint le mieux ce que vous essayez de communiquer?

 

EU : Nous sommes très reconnaissants de pouvoir travailler avec de nombreux matériaux et produits, mais nous devons admettre que nous préférons le textile. La texture du textile ajoute un petit quelque chose et les possibilités de création sont sans fin.

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NQ : Quelle a été votre inspiration pour les impressions Avenue?

 

EU : Nous avons été inspirés par le style naïf du design du milieu du siècle (1950/1960). Nous avons aussi laissé aller notre imagination afin de créer quelque chose d’abstrait, mais empreint de caractère.

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NQ : Quel prochain projet aimeriez-vous réaliser — individuellement ou en duo?

 

EU : Nous aimerions collaborer avec des architectes afin de réaliser nos conceptions à plus grande échelle, comme sur la devanture d’une maison par exemple. Nous sommes toutes les deux fascinées par la science et devons cependant dire que notre client de rêve est la NASA.

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