Les métiers d’art : Une conversation avec Przemek Pyszczek

Août 25, 2014

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Vue du studio de Pyszczek à Berlin, 2014.

Vue du studio de Pyszczek à Berlin, 2014.

 

Winnipeg est un centre créatif et beaucoup de nos résidents motivés par l’esthétisme ont étudié l’aménagement intérieur dans le cadre du programme d’aménagement de l’environnement de l’Université du Manitoba. En fait, plusieurs de nos employés de Winnipeg ont complété le diplôme de ce programme. Ce mois-ci, nous avons causé avec l’artiste visuel berlinois Przemek Pyszczek, diplômé en aménagement de l’environnement et camarade de classe du directeur artistique d’EQ3, Thom Fougere. Pyszczek est également un bon ami de Clifford Goodwill, coordonnateur visuel d’EQ3.

 

Voici notre conversation :

 

Où avez-vous grandi et chez vous, c’est où?

Je suis né en Pologne et j’ai déménagé à Winnipeg dans mon enfance. Actuellement, je vis à Berlin. La réponse à cette question est compliquée. Mes parents vivent à Winnipeg; cependant, ils ont quitté la maison où j’ai été élevé pendant que je vivais à Berlin alors je n’ai plus le même sentiment de nostalgie quand j’y retourne. Ceci étant dit, je me sens chez moi à Berlin parce que même si je n’ai pas de lien nostalgique à cette ville, c’est la ville qui rejoint le plus ma personnalité et mon mode de vie.

 

Comment vos études ont-elles influencé votre travail?

Le programme d’aménagement de l’environnement a approfondi mon intérêt pour l’architecture et l’urbanisme, m’incitant à continuellement observer ce qui m’entoure. Comme mes œuvres portent sur ​​le paysage physique et social de l’ère pré/poste communiste de la Pologne, c’est ce qui influence directement mon travail.

 

Quand et pourquoi avez-vous déménagé à Berlin?

J’ai déménagé à Berlin à l’été 2010. J’y étais allé comme visiteur à quelques reprises auparavant et j’aimais vraiment la ville, car c’est une grande capitale qui bouge beaucoup, tout en maintenant un air décontracté dépourvu de l’ambiance chaotique de la vie urbaine. En outre, j’étais pressé à m’engager en tant qu’artiste sur une échelle internationale plus large, et je savais que Berlin était une capitale artistique importante qui était toujours accessible.

 

De quelle façon la ville de Berlin influence-t-elle votre travail artistique?

Berlin est une ville très internationale, qui comprend un bon nombre de galeries, de musées et autres institutions culturelles. Il est important en tant qu’artiste de ne pas être coincé dans sa tête et son propre travail, mais d’être conscient du passé et du présent au point de vue artistique. Berlin facilite la formation continue des artistes locaux et étrangers.

 

Les oeuvres que j’ai réalisées au cours de ces dernières années sont une conséquence directe de mes voyages réguliers en Pologne.Comme Berlin n’est qu’à une heure de la frontière polonaise, je vais en Pologne très régulièrement depuis les quatre dernières années. Ces visites m’ont vraiment fait remarquer tous les éléments avant lesquels je suis devenu obsédé pendant mes recherches. Bien que je traite de sujets qui proviennent de la Pologne, j’apprécie de pouvoir me distancier en vivant à Berlin, car chaque fois que j’y retourne, je vois tout d’un nouvel œil. Vivre ailleurs ne me permettrait pas d’être aussi engagé.

 

Façade, 2014

Façade, 2014

 

Quelle est la base conceptuelle de votre travail actuel?

Mon travail est une analyse et une déconstruction de la mémoire et de l’espace physique. Plus précisément, j’examine mon rapport au paysage urbain contemporain polonais. Après la Seconde Guerre mondiale, en raison de la dévastation résultante, un programme de reconstruction rapide a été promulgué. Une grande partie de la construction a été réalisée à l’aide d’un certain nombre de systèmes modulaires préfabriqués. Des panneaux de béton étaient fabriqués dans une usine, puis amenés sur place pour être rapidement assemblés en bâtiment. Ces bâtiments pouvaient varier en hauteur de trois étages à 20 étages, en utilisant les mêmes types de panneaux.

 

Tous les bâtiments reliés à la vie quotidienne – les habitations, les écoles, les bureaux, les hôpitaux — pouvaient être construits de cette façon. Mon père a œuvré comme travailleur de la construction sur ces types de bâtiments. Une très petite équipe de seulement 4 à 6 personnes était nécessaire pour construire un étage entier d’un immeuble en une seule journée. Ce type de construction résidentielle aboutissait souvent à de grands lotissements contenant un grand nombre de bâtiments identiques. Ma connexion au paysage résultant est, en fin de compte, ce que j’explore dans mon travail.

 

Façade, 2014

Façade, 2014

 

Qu’est-ce qui inspire votre approche?

Mes peintures sont essentiellement des façades de bâtiments déconstruites. À la suite du communisme, on devait faire quelque chose avec ces bâtiments, car ils étaient en béton gris terne et mal isolés.On recouvre donc les bâtiments de mousse de polystyrène sur laquelle on applique du stuc. Le stuc est ensuite peint, mais dans bien des cas une fresque graphique est peinte sur tous les côtés du bâtiment.

 

Au rez-de-chaussée et au premier étage, les résidents de ces immeubles installent souvent des barres de sécurité fabriquées par un métallurgiste du coin.En voyageant à travers la Pologne, on peut voir que les gens y vont vraiment à fond de train lorsqu’il s’agit de personnaliser leur petite section d’un immeuble très répétitif. Certaines barres sont très simples, mais d’autres sont très expressives. Ainsi, mes peintures consistent en une partie d’une façade graphique combinée à une section de barres de sécurité afin de communiquer cette esthétique fascinante qui imprègne le paysage contemporain polonais.

 

Un autre aspect de ces lotissements qui m’a vraiment fasciné était les terrains de jeux parmi les bâtiments. J’ai été attiré à eux parce qu’ils ressemblaient à des sculptures abstraites et non à des structures de jeux. J’ai ensuite remarqué que des formes similaires figuraient dans toute la Pologne, mais elles n’étaient pas toutes fabriquées dans la même usine, car elles étaient toutes un peu différentes. J’ai fait reconstruire ces dernières par des métallurgistes polonais qui avaient également un souvenir et un lien à ces formes. Puis, je les ai alors déconstruites en les cintrant et en les coupant — une manière de les reconfigurer en m’adressant à mon souvenir et mon rapport à ces objets.

 

Un exemple d’une façade graphique référencé dans le travail de Pyszczek en 2014.

 

 

Vue de Structure de terrain de jeux (marches) Structure de terrain de jeux (ver), 2014.

 

Comment et où sont créés les composants métalliques de vos travaux?

Mon oncle et son cousin sont entrepreneurs en construction en Pologne et ils travaillent avec une variété d’artisans — métallurgistes, peintres, etc. J’ai collaboré avec eux pour réaliser le genre d’éléments en métal qu’ils créent dans les projets de construction sur lesquels ils travaillent régulièrement en Pologne. Ma touche ainsi que la touche de l’artisan sont tout aussi importantes dans ce travail.

 

Nous remercions Przemek Pyszczek pour cette entrevue et ces images.

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